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Charente (16) Angoulême arrondissement - 86

                   COMMUNE D'AMBÉRAC                                 qu'elle se soit appelée Olipe; or, on donne ce même
                                                                     nom à la ville romaine qui existait sur l'emplacement de
        Pour voir Ambérac sous son vrai point de vue, il faut y
                                                                     la Petite-Garenne, près d'Angoulême. Il y aurait donc
        arriver par Xambes. On suit d'abord une route plane,
                                                                     eu deux villes du même nom sur les bords de la Charente.
        dont la monotonie donne plus de relief au pittoresque
        du  chemin  ombreux  auquel  elle  aboutit,  à  deux
        kilomètres à peu près de ce petit bourg. Ce chemin longe
        de magnifiques prairies que baigne la Charente; de larges
        fossés,  alimentés  par  les  eaux  du  fleuve,  le  bordent
        jusqu'au bac, seul moyen de communication entre les
        deux rives. Pendant ce parcours de deux kilomètres,
        vous  apercevez,  à  travers  les  échappées  du  rideau
        d'arbres et d'arbustes qui règne tout le long du sentier,
        Ambérac, coquettement situé sur le haut plateau qui
        domine la Charente. Une rampe très rapide descend du
        bourg jusqu'au rivage, et les rochers à fleur de terre qui
        forment son pavé retentissent incessamment sous le pas
        des  chevaux  ou  des  bœufs  qui,  fatigués  du  labour,
        viennent, après avoir pris leur pâture, s'abreuver et se
        rafraîchir,sous  la  conduite  du  maître,  aux  eaux
        transparentes du fleuve. — Si l'on arrive à Ambérac par
        la Chapelle, on ne peut avoir d'idée de cette situation
        vraiment  exceptionnelle.  Les  Romains  sentirent
        l'avantage d'une telle position et y bâtirent une ville qui
        dut  avoir  une  grande  importance,  car  on  trouve  des
        restes de constructions de ces maîtres du monde sur
        une étendue de près de 400 hectares autour d'Ambérac.
        Il ne se passe guère d'année où le laboureur, soulevant
        la  terre,  ne  mette  à  nu  des  fondements  de  murs
        considérables, des tuiles à rebords, des tombeaux ou
        des  pièces  de  monnaies  romaines;  nous  en  avons
        plusieurs  entre  les  mains  datant  de  Trajan  ou
        d'Alexandre  Sévère.  Au-dessus  de  la  Charente  existe
        encore un mur romain en moellons reliés par un ciment
        tellement  dur  que  le  temps  ne  l'a  point  attaqué.  En
        suivant le sentier qui mène au moulin, à peu de distance
        du bourg, on trouve à gauche une voûte cintrée, connue De toutes ces splendeurs du passé il ne reste que des
        dans le pays sous le nom de Grotte des Fades. On l'a ruines informes, et le bourg ne rappelle guère, par ses
        bouchée  de  peur  que  des  imprudents  ne  fussent humbles habitations, l'architecture antique. Son église
        ensevelis,  si  la  curiosité  les  poussait  à  pénétrer  trop est simple; on remarque cependant au-dessus de la porte
        avant, précaution que nous trouvons exagérée. A peu d'entrée un bas-relief fort ancien qui a dû appartenir à
        près à trois cents mètres au nord du bourg, au milieu un autre monument. Ce modeste sanctuaire suffit à la
        d'un champ, la charrue a mis à découvert quantité de population  de  618  habitants  qui  cultive  les  1,210
        grains brûlés, et non loin, une sorte de fourneau avec hectares composant la superficie de la commune. Le sol
        des  pots  en  terre  cuite  noire;  puis  des  tombeaux  en est de deux natures: le plateau consiste en une groie
        pierre tendre pleins d'ossements, une ouverture de puits pierreuse, excellente pour la culture de la vigne; la partie
        communiquant  à  un  vaste  souterrain  où  la  tradition basse, que baigne la Charente, est marécageuse, surtout
        place  des  trésors.  Toutes  ces  découvertes  prouvent en  remontant  vers  le  nord.  Les  prairies  s'étendent  à
        évidemment l'existence d'une ville ancienne disparue  à perte de vue, animées par les nombreux troupeaux de
        une époque inconnue. Les habitants du pays veulent bœufs, de chevaux ou de moutons qui y pâturent en



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