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Charente (16) Angoulême arrondissement - 350

            ANNEXE AU PROCÈS-VERBAL DE LA                            L’archange  saint  Michel,  aux  ailes  déployées  et  dans
                     SÉANCE DU 10 MARS 1897                          l’ardeur du combat, occupe le vide intérieur. Il tient un
                                                                     pied appuyé derrière la tête du serpent pour en devenir
                   DÉCOUVERTE ARCHÉOLOGIQUE
                                                                     le maître et sa main courageuse enfonce le glaive dans
         FAITE DANS L’ÉGLISE DE SAINT-AMANT-DE-BOIXE
                                                                     le corps d’un dragon qui se dresse devant lui.
        Le 8 février dernier, les ouvriers occupés à restaurer
        l’église de Saint-Amant-de-Boixe travaillaient à la façade   Le vase, en terre vernie, a  de hauteur. Renflé au milieu,
        qui regarde les cloîtres. Arrivés à la troisième travée,     rétréci vers le col pour s’élargir à l’orifice, il ressemble,
        comptée de la grande porte, ils trouvèrent la sépulture      moins  les  anses  dont  il  est  privé,  aux  nombreuses
        d’un abbé.                                                   potiches qui ornent les cheminées.

        Le sarcophage monolithe, placé sous un arcosolium à          On le croirait sorti récemment de la poterie voisine.
        colonnettes,  touchait  le  sol  et  contenait  encore  le                                          L. FOURGEAUD
        squelette  du  défunt.  Une  large  pierre  de  0. 13
                                                               m
                                                                                             Cure de Saint—Amant-de-Boixe
        centimètres d’épaisseur formait le parement et recevait
        les dalles de la couverture.                                  Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique de
                                                                     la Charente, année 1897, sixième série - Tome VII, pp.
        Les  ornements  sacerdotaux  n’existaient  plus,  mais,  à
                                                                                             XLIX - LI
        gauche des ossements, on remarquait un vase de terre
        vernie qui avait, suivant la coutume du temps, contenu
        de l’eau bénite: sur le bras droit reposait encore une
        crosse.
        Malgré toutes les recherches, aucune inscription n’a pu
        satisfaire  notre  légitime  curiosité.  Il  nous  faut  donc,
        avant d’aller plus loin dans la question, écouter la voix
        du monument lui-même et demander aux formes qu’il
        revêt l'époque de sa construction.

        L’arc sous lequel repose le révérendissime abbé a rompu
        avec les formes sévères du roman. L’ogive apparaît bien
        marquée, ce qui nous ramène au commencement du
        XIII  siècle. L’église est de cent ans plus ancienne.
             e
        Comme on a pu facilement s’en convaincre, les pierres
        de taille ne sont point liées avec le reste de l’édifice, cela
        autorise une telle opinion.

        L’abbé portait ordinairement une crosse, avec bâton en
        bois et volute fermée, pour montrer que ses pouvoirs
        d’ordre  et  de  juridiction  étaient  inférieurs  à  ceux  de
        l’évêque. Les traditions canoniques ont été parfaitement
        observées.

        La crosse, que nous avons sous les yeux, est en cuivre
        doré, d’un style byzantin. Ce travail contraste par sa
        délicatesse avec les habitudes de l’époque et présente
        une véritable œuvre d’art.

        Au-dessus  de  la  douille,  à  l’endroit  où  commence
        l’inclinaison, on voit une large embase ronde couverte
        de petits lézards passants.

        La spirale est formée par un serpent qui développe ses
        plis  :  on  remarque  ses  écailles  en  émaux  bleus  de
        Limoges et son arête dorsale ressortant en saillie.

                                                           © CatillusCarol.Corp
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